novembre 19, 2017

VOUS, LES HOMMES

Vous, les hommes
je vous aime
pour ce que je ne suis pas
dont je rêve quelques fois

Vous pouvez être roc

ou granit qui s' effrite
entrer dans les silences
lorsque l' on vous irrite

Vous affrontez le monde

à la puissance carrée
et devenez si tendres
sous nos  roses baisers

Vos mères et vos filles

sont vos muses préférées
quant à les égaler
vaut mieux pas y penser

Vous, les hommes

je vous aime
pour votre peau musquée
qui laisse deviner, une sensibilité

 Du berceau maternel
au ventre d' une femme
vous reposez
aux douces peaux charnelles

Je vous aime

pour ce que vous n' êtes pas
et ne serez jamais
une femme...

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Je suis née au bord de tes lèvres
tu m' as habillée de tes mots
auréolée de tes rêves
je vole haut comme l' oiseau

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COQUILLAGES ET GALETS

L'océan se retire
coquillages et galets
beige plage étire
tous ses grains, en beauté

Diamant lune dans le ciel
apprivoise nos yeux
donnant vie au soleil
un plus un devient deux

Chardon bleu sur la terre
tend sa joue vers le haut
bel halo de lumière
le transforme en joyau

Nos deux mains se rejoignent
donnant vie au tableau
Linoa, femme-pagne
alanguie, il fait chaud

Moult vagues respirent
sous la voûte étoilée
brûlant feu du désir
vient la toile éclairer

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LES WAGONS GRIS DU TEMPS




Sous un soleil brûlant
la ligne déploie ses lames
Rayures d'un chemin de traverse
Vastes champs assoupis
qu' un souffle d' été berce 
Au loin, tout est silence
pas un seul sifflement
Les seuls trains qui avancent
et gonflent dur leurs panses
les wagons gris du temps

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novembre 17, 2017

AU REVOIR LO

Cher ami poète, cher Lo, je viens d' apprendre ton départ...
Il y a les mots que je ne dirai pas et qui sont ancrés au fond de mon âme.
Tu avais écrit un recueil de poèmes "Salves envolées".
C'est par tes mots à toi que je souhaite te dire au revoir.

CANTATE D' UNE NUIT

"Disparaître un instant
et renaître au présent
Aux lecteurs qui m' apprécient
A la cantate d'une nuit

Je ne suis qu' une étoile filante
Qui fuse dans l' oubli
Une nuée de paroles qui enfante
Louanges à mes meilleurs amis"

Le destin a la raison couchante
Le sein d' une liaison infinie
La vérité à l' écoute tremblante
J' aime, j' aime et je faiblis

A l' orée d' un absolu qui saoule
Dans l' abîme mon ange sourit
Nous plongeons dans l' eau qui coule
Vers la soluble énigme de la vie"

               LO

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novembre 15, 2017

CE QUE DISENT TES MAINS

Tu caresses sa joue
d'une manière délicate
de peur de l' abîmer
ce que disent tes mains
un geste inachevé
un tout premier voyage
tu reviendras rêver
auprès de son visage
une peur de la froisser
ce que disent tes mains
tu veux juste lentement
entr'ouvrir un chemin

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novembre 12, 2017






Dans le ciel, au-dessus d'un arbre dépouillé, une demi-lune attend sa moitié

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ECRIT EN PROSE

La femme se tenait là, au pied de la montagne, l'ascenseur de son oeil grimpait jusqu'au sommet. 
Elle avait parcouru, des plaines, des collines, de grandes villes nues, des mers inconnues. Posé parfois bagages, semé de ses mains larges, avait aussi connu la grêle et les orages, le grand désert à vue, l'arrondi d'un mirage. Elle avait parcouru, d'un pas léger ou lourd, le chemin d'une vie parsemée de détours. Accroché son regard à la couleur du ciel , à la fleur jolie où butinait l'abeille ou à celui d'un homme qui disait : « tu es belle ». Arrimé son sourire à celui d'un enfant, aux journées cristallines, où le soleil est grand. Accroché son chapeau, au bois chaud d'un ponton, en plongeant les cheveux dans la mer-océan.
La femme se tenait là, au pied de la montagne, l'ascenseur de son oeil descendit jusqu'à terre. 
Elle s'assit doucement, recueillit la lumière, de l'astre, dont les bras rayonnaient de chaleur. Elle aperçut alors, au raz même de la terre, sa vie qui défilait en mordillant le temps, bien avant que l'oiseau l'emprisonne de ses serres, elle saisit au sommet le beau paradis blanc.



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novembre 11, 2017

CROIX DE GUERRE



Tombé à Verdun, anonyme, parmi les millions d' anonymes... Nos villages s' en souviennent...


Au fond de ce tiroir
parmi les ombres
la croix de guerre

Mémoire
au lit de la pudeur

Les hommes tombés
n'ont pas de veste
les hommes debout
s'en souviennent

Au fond de ce tiroir
parmi les ombres
la croix de guerre
humble et fraternelle

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novembre 10, 2017







Feuille d' automne, passagère jaunie du temps

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QUATRE VINGT DIX HUIT...

Allongé dans la boue des tranchées, sur le front de la Meuse, Justin n'arrivait pas à fermer l'oeil. Des chiffres résonnaient dans sa tête, il ne comptait pas les moutons mais le nombre de ses compagnons tombés, le jour même, au combat. Les nombres teintaient comme le glas de l'église du village qui l'avait vu naître puis grandir. Il essayait de se boucher les oreilles avec ses mains calleuses, rien n'y faisait, tout n'était que fracas.

Il leva son regard vers le ciel cherchant un coin de paix dans l'immensité de celui-ci, il n'y rencontra que le vide. Les étoiles n'avaient plus la même couleur, la même lumière. Elles appartenaient à un autre monde, celui d'avant la guerre, celui de Pauline. Ce monde là avait disparu au rythme des vies qui s'en allaient dans le sang, la solitude, la peur, la boue. Dieu aussi, d'une certaine façon, était mort.
Il maudissait sa représentation ne sachant vers qui diriger sa colère et son impuissance.

Justin se redressa péniblement, une crampe venait de le saisir à la jambe gauche. Il grimaça et oublia pour un instant de compter. La douleur physique remplaça la douleur morale. Il pouvait la contrôler davantage. Deux minutes s'écoulèrent avant qu'il ne ressente, à nouveau, sa tête le marteler.

A côté de lui, un de ses frères d'armes parlait en dormant. Justin n'en comprenait pas le sens. Peu lui importait. En lui, autour de lui, tout n'était
qu'absurdité.
Les propos décousus de son compagnon résonnèrent dans la tranchée : « je pense qu'il pourra demeurer auprès de nous jusqu'au moment où il sera rouillé ».

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Quatre vingt dix huit, quatre vingt dix neuf, cent...

Affalé dans sa chambre, Vincent comptait sur ses petits doigts. Il poussa un grand « ouf » avant d'esquisser un large sourire. Maman ! papa ! cria t-il du haut de son jeune âge, je sais compter jusqu'à cent ! Il déboula dans les escaliers, ébouriffa
le chien au passage, se jeta contre sa mère pour l'enserrer de ses bras légèrement potelés.

Vincent aimait beaucoup les chiffres. Quelques posters colorés portant des soustractions, additions et divisions, ornaient sa chambre.L' ardoise posée sur le petit bureau montrait quelques traces d'exercices récents.

Paul observa de loin son fils serré contre son épouse. Comme il ressemble à son arrière, arrière grand-père se dit-il ! la même expression dans le regard, le même dessin de la bouche...Une vieille photo s'imprima alors dans sa tête, une photo d'avant-guerre... celle de Justin. La statue au centre du village et la croix blanche du cimetière portaient ces quelques mots : "mort au front". Elles honoraient aussi, pudiquement, son nom.

Il chassa ces images sombres tout en jetant un dernier regard à son fils. Il retourna vaquer à ses occupations dont la principale était le taillage d'une haie.

Il restait fidèle à un vieux sécateur, nul ne savait pourquoi. Une étrange complicité s'était établie entre lui et l'objet. Il en prenait soin comme de la prunelle de ses yeux.

Il murmura ces quelques mots, de peur d'être entendu par le voisin qui coupait un rosier, non loin de là : « je pense qu'il pourra demeurer auprès de nous jusqu'au moment où il sera rouillé ».

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ET QUAND TU PARTIRAS

Et quand tu partiras
dans la Vallée, là-bas,
où l'herbe est plus verte
et la beauté offerte

Et quand tu t'en iras
au monde de l'au-delà
où des sources de couleur
baignent les êtres en fleur

Où les arbres sont libres
au bord de chemins ivres
et où les enfants volent
au tendre vent d'Eole

Porteras-tu vers là-bas
nos visages en aura
quelques lettres d' émoi
quand nous n' aimions que  toi ?

Où partiras-tu, nu
âme dans l'absolu
dans l'oubli de tes "roses"
nouveau-né qui se pose ?

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novembre 09, 2017

DANS LE VENT DE NOVEMBRE


Dans le vent de novembre
au doux souffle de mai
sous la couette, dans ta chambre
ou au coeur des forêts

Sous le ciel de décembre
en juillet, sous l'azur
quand tes lignes se cambrent
sous une chaleur pure

Dans la nuit qui retient
tes rêves en couleurs
dans un corps qui enferme
tes silences et tes peurs

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