septembre 14, 2017

AIMER



"Aimer c'est donner sans rien attendre en retour"
Alors prends sans faire semblant
prends le souffle du vent
prends le souflle de vie
les éclats de soleil
le feu de mes prunelles
Prends à pleines mains ce dont tu as besoin
recueille les fruits de mon jardin intérieur
Prends et donne à celle qui entr'ouverte
recueille la semence de ma défaite
"Aimer c'est donner sans rien attendre en retour"
Suis-je capable d'aimer ?
Donne !
le souffle de ton vent
le souffle de ta vie
et prends à coeur battant chamade

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septembre 02, 2017




Le chemin serpentait à travers une nature piquée  de genêts et d'ajoncs. Les lieux, d'un caractère trempé et sauvage, s'avéraient propices à la réflexion ou à l'évasion.
La vue d'une croix en granit ou d'une chapelle pouvait faire entrer le promeneur en lui-même. Il entreprenait alors son voyage intérieur tout en englobant l'horizon du regard...

Le promeneur plissa des yeux et contempla silencieusement l'étendue océanique.
Le soleil flirtait avec le miroir de l'eau, chauffait les mâts rouges des voiliers, accrochait son sourire laqué à la face rugueuse   des rochers.
Marquant le ciel de leur appartenance, quelques mouettes rieuses se poursuivaient dans le champ vif  de l'air.

Le promeneur poursuivit sa route, appréciant la beauté féline des lieux. L'homme prédateur n'avait pas encore réussi à les dompter. Mystérieusement  ils échappaient à sa volonté de domination.
On eût dit que l'univers était sous protection. Comme si la terre, la mer, le ciel, l'air étaient destinés à ne faire qu' un tout. Rien ne pourrait diviser ces éléments et surtout pas la main destructrice de l'homme.
La lande  était un lien  poétique, joliment coloré entre « le haut et « le bas », entre
 "l' invisible" et "le visible".

Le promeneur s'installa maintenant, les pieds dans le vide, au bord de la falaise.  Une source d'énergie surgit alors de son être, plongea vers la mer et revint, fraîche et iodée, en lui.
L' homme se remit debout prestement, fixant de ses yeux d'aigle la crique en contrebas. Il entreprit alors, vent en poupe, une périlleuse et rocailleuse descente.
Quand il aura rejoint la plage déserte,  ses mains deviendront sablier, son esprit retiendra la sensualité des grains En égrénant ceux-ci, il éternisera alors l'instant.

Le sable, la terre, la mer, l'air, les rochers, la ligne d'horizon, le murmure des vagues dans l' encoche, lui, l'âme, la matière, le haut, le bas et le soleil qui viendra caresser gentiment son visage.

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août 26, 2017

AMI, VIENS A LA TABLE

Ami, viens à la table
partager nos repas
à l'ombre du vieil arbre
tu nous raconteras

tes voyages vers les îles
la beauté du carnet
où se love une idylle
dans le lit de l'été

Laisse rosir sur tes lèvres
le bon vin de chez nous
vois le ciel qui s'enfièvre
rouge d'un jour andalou

Tu nous raconteras
tes voyages vers les terres
la chaleur du carnet
écrasé de lumière

Laisse couler sur tes lèvres
les voyages et les mots
nos chemins sont de chèvre
et se croisent à nouveau

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août 25, 2017



Depuis ces temps révolus, j'ai connu de nombreux étés, m'allongeant sur des transats chauds et colorés, observant avec curiosité les oiseaux de nos saisons froides ou ensoleillées.
Je n'ai jamais retrouvé la magie de cet instant là, ce moment unique de communication muette entre "un voyageur de l'espace" au repos et une femme allanguie.
La magie tient aussi au caractère unique de l' insolite rencontre. Elle se produira une fois seulement, de cette manière là, dans notre vie ...

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août 24, 2017


L'océan reçoit tous les frémissements : celui de la vaguelette sortant de l'encoche, du petit crabe rougi se faufilant sous les rochers, de la mouette rieuse prenant sa bolée ou du navire pourpre en quête de voyages.

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JOURNAL DE BORD DE LUCAS EN AFRIQUE


Il avait 12 ans lors de ce voyage entrepris en compagnie d'un copain dont le papa résidait à Cotonou.
Celui-ci voulait faire découvrir cette partie de l'Afrique à un enfant européen.



"La nuit est tombée, je n'arrive pas à trouver le sommeil. Quelques heures plus tard, qui me semblent être une éternité, mon ami et moi, nous levons, prenons un petit-déjeuner forcé. Nous sommes ensuite conduits à l'aéroport de Brest-Guipavas. Une fois sur place, nous attendrons un long moment, avant d'embarquer pour Paris. Lorsqu'une hôtesse lance un appel aux passagers à destination de Roissy, l'impatience qui est en moi, depuis tant de temps, se change en appréhension : la crainte de ne plus pouvoir reculer à chaque pas que je fais. Une fois monté à l'intérieur de l'appareil, je suis rassuré, le personnel est gentil et les gens sont calmes. Il y règne une atmosphère sereine. Le trajet se déroulera, sans encombre, jusqu'à l'aéroport Charles de Gaulle.

A présent, nous devons attendre une bonne partie de la journée, dans cet aéroport, que le vol pour Cotonou soit prêt. Lorsque nous nous installons dans l'avion, il nous faudra encore patienter, plus de 3 heures, avant qu'il prenne son envol. C'est déjà la fin de la journée lorsque l'appareil s'avance, tout doucement, jusqu'à la piste de décollage. L'atmosphère à l'intérieur de la carcasse métallique où règne une grande fraîcheur (certains voyageurs portant des couvertures) est étrange. Le trajet va durer plus de 7 heures. Nous arrivons à Cotonou au petit matin.

L'air y est très chaud. A l'intérieur du bâtiment de l'aéroport, les passagers s'agitent, autour des bagages. Nous prenons les nôtres et nous engouffrons dans le véhicule du père de mon ami.
Arrivés devant le portail de leur maison, des domestiques se chargent de nos bagages. Epuisés, par une longue journée pleine d'émotions, nous allons nous reposer.

Le lendemain matin, je me lève, tout excité, à l'idée de rencontrer l'Afrique.

A ma grande surprise, je découvre que le temps est orageux. Nous décidons quand même, d'un commun accord, d'aller à la plage. Une fois à l'extérieur de la propriété, je me rends compte que les maisons voisines sont de simples plaques de tôles. Nous pouvons voir les gens à l'intérieur de celles-ci. Je mesure la chance que j'ai. En prenant conscience de la pauvreté, je ressens aussi un sentiment de gêne.

Nous quittons une route en terre pour nous diriger vers l'avenue principale. Les habitations en ce lieu sont modestes. Un peu plus loin, nous prenons un autre chemin de terre qui longe la mer. Plusieurs groupes d'enfants y vendent des noix de coco et se partagent l'espace. Plus loin encore, deux autres enfants, chacun d'un côté de la route, tendent un fil où des morceaux de verre, de métal sont accrochés. Cela sert de barrière car ils veulent récupérer de l'argent. Nous arrivons à notre lieu de destination. Le temps devient de plus en plus menaçant. Une plage dont le sable est grossier, ses palmiers et cocotiers, une mer agitée de grosses vagues qui viennent s'éclater sur le rivage. Il fait toujours aussi moite, aucun souffle d'air. Un peu plus tard, alors que la nuit commence à tomber, ainsi que la pluie, nous reprenons le chemin de la propriété où nous attend notre repas, soigneusement préparé, par des domestiques.

Nous sommes tous réunis autour d'une table, enfants et adultes confondus, nous discutons. Je découvre de nouvelles saveurs, de nouveaux mets (banane plantin avec du poulet bicyclette, mouton avec du riz et de la sauce de manioc...). D'une fenêtre, je vois l'orage et les éclairs s'abattant sur des bidonvilles. Cela me met mal à l'aise. Je suis confronté à la misère et aux inégalités criardes.

Le lendemain, nous décidons de visiter ce quartier.

Des enfants jouent dans la rue, à moitié nus, avec un ballon fait de divers matériaux.
Nous marchons et pouvons voir la population, dans son habitation précaire, préparer à manger dans des bols, des grands récipients avec pilons.
Un peu plus loin, un épicier se tient assis devant une planche de bois surélevée par des pierres. Divers produits sont présentés : grains, fruits, épices...
En face de lui se tient un boucher, ses viandes sont accrochées à l'air libre. De grosses mouches vont et viennent, à leur guise, sur divers morceaux.
Nous continuons notre marche, mon ami s'arrête pour saluer une connaissance, il s'agit d'un réparateur de vélos. L'homme est chaleureux et âgé.
Nous finirons par nous arrêter dans un cyber-café.

Au fur et à mesure que les jours passent, la ville et ses habitants me deviennent familiers. Je peux mettre un prénom sur certains visages.... Ceux-ci sont souriants. Je suis venu, en Afrique, avec un appareil photographique, les seules photos que j'ai faites sont celles d'animaux. Je n'ai pas souhaité saisir, les habitants des quartiers, par respect et par pudeur. J'avais le sentiment, en le faisant, de leur voler quelque-chose.

De Cotonou, au Bénin, en pleine nuit, nous sommes partis en direction du Burkina Faso. Un moment, sur une route montagneuse, nous nous sommes arrêtés, dans un élevage d'autruches. L'oncle d'Alan voulait me faire découvrir ces animaux surprenants : rapides, puissants et ne volant pas. Trois jours après notre départ, nous arrivons à Ouagadougou, la capitale du Burkina Faso.

A mon grand étonnement, puisque dans ma tête d'enfant de 12 ans, capitale me faisait penser à Paris. Je n'ai rien trouvé de semblable. La misère est partout présente et visible. La détresse, je la devine.

Le lendemain, nous allons chez la grand-mère d'Alan, je suis surpris de voir autant de monde habiter une même maison. Nous nous réunissons autour d'une table où nous sont présentés des plats.
Au menu : du mouton accompagné de riz, à la sauce de crabe et manioc. Je continue de découvrir de nouvelles saveurs.
Nous y passerons la nuit avant de repartir vers le nord du pays. Nous allons voir un vieux général, meurtri par la guerre, pour lui demander l'autorisation de faire un safari dans une réserve. Hélas, il n'y aura pas de suite, il refuse, je ne sais pourquoi. Ce qui m'a marqué, chez cet homme, c'est qu'une de ses cinq épouses n'avait que 14 ans (2 ans seulement de plus que moi). J'ai ressenti du dégoût et aussi, de la compassion, vis-à-vis de la jeune fille.

Nous avons cherché à prendre du poisson dans le Lac Bam. Des pêcheurs venaient à notre rencontre pour voir si notre recherche était fructueuse. Des visages toujours aussi ouverts et souriants.

Nous devons, à présent, rentrer à Cotonou. En cours de route, nous nous arrêtons à la ferme des crocodiles. Là, un homme vend des poulets, pour quelques francs CFA. Ceux-ci sont donnés en pâture aux reptiles pour amuser les foules. Je suis heurté par ces pratiques qui me paraissent barbares.

Nous continuons notre chemin, des baraquements bordent une route, des habitants sont là, attendant que l'un des voyageurs heurte les nombreux cadavres déposés par leurs proches.

Ils veulent faire croire que ceux-ci ont été heurtés par des véhicules afin de leur demander de l'argent. Plus d'une heure s'est écoulée, nous venons de dépasser les derniers cadavres, je peux enfin parler de ce que je viens de voir, avec l'oncle d'Alan. Il m'explique que ce qui est habituel et courant pour eux peut être, incompréhensible, bouleversant, pour des étrangers. Je me sens privilégié de connaître cela et, en même temps, déstabilisé. Je pense également à tous ces gens qui sont morts et qui n'ont, pour seul repos, que le moteur des voitures. Ces images sont toujours présentes dans mon esprit et le resteront."

Lucas

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PAROLE D' ISMAIL

Je me prénomme Ismaïl. Mon épouse Aïcha et mes trois enfants sont le soleil de ma vie. Ils rayonnent de l'amour que je leur porte.
L'histoire que je vais vous raconter est véridique. Elle remonte aujourd'hui à ma mémoire.
Est-ce le visage chagrin de ma petite fille qui me la
 rappelle ? ou alors le soleil qui brille sur la Corne d' Or ? je ne sais pas, lentement je m'accroche au fil du souvenir et le remonte des profondeurs du Bosphore où plonge ma canne à pêche miraculeuse.

J'ai 22 ans. Dans les toilettes de ce bel hôtel moderne d'Istanbul je vaque à mes tâches quotidiennes. Je suis un "petit boy" corvéable à merci. Je travaille, des aurores à la tombée de la nuit, sans relâche.
En ce moment, je nettoie la partie sanitaire de l'édifice blanc. Il fait une chaleur lourde et les clients de l'hôtel ont déserté l'enceinte de celui-ci pour la plage avoisinante.
Les lieux sont entrés en assoupissement quant un léger bruit se fait entendre. Mon oreille s'aiguise, la perception se fait de plus en plus précise, des sanglots parviennent à mon esprit attentif.
Je m'approche timidement du lieu. Je vois une jeune femme penchée sur le lavabo. Ses bras enserrent son ventre.
Il semblerait que toute la misère du monde soit concentrée sur ses épaules fines et fragiles. Ses cheveux ainsi que la couleur de sa peau sont clairs. Elle m'a entendu arriver et relève craintivement la tête. Je croise son regard et j'adoucis le mien. Ses yeux sont habités de chagrin.                                        
Sa détresse m'invite à lui adresser la parole. Je suis un simple petit serviteur mais je sais parler anglais. Elle aussi, puisqu'elle me répond entre deux soubresauts.
Je l'apprivoise, gagne sa confiance. Elle me raconte son histoire.

"J'ai le même âge que toi. Je suis française et j'ai pris le risque d'aimer un homme d'une autre culture que la mienne. Je croyais que l'amour pouvait abolir des frontières et soulever des montagnes. Mon amoureux travaille toute la journée à l'hôpital et je m'ennuie. Je guette le soir, avec impatience, l'instant où il va déboucher au bout de l'allée fleurie.
Les journées sont parfois longues, je ne parle à personne. Hier, en début d'après-midi, je suis allée prendre un soda à la terrasse de l'hôtel. Un homme s'est adressé à moi en anglais. C'était un ingénieur iranien. J'ai accepté de lui répondre afin de rompre la conversation muette avec moi-même.
C'est alors que de manière impromptue mon "petit ami" est arrivé. Son regard a saisi la scène, l'a englobée instantanément. Il m'a fait signe de le rejoindre. Je me suis levée, troublée, déconfite, comme prise en faute. Nous avons rejoint la chambre d' hôtel. Il a gardé le silence pendant une heure ou deux.
Lorsqu'il a ouvert la bouche, c'était pour m'accuser de lui avoir volé son argent. Blessée par ses propos, je lui ai proposé d'aller regarder dans l'allée menant au bungalow, pensant que l'argent était tombé de sa poche. Au bout d'une vingtaine de minutes, je suis revenue dans la chambre. Je me suis approchée de lui et j'ai vu des milliers d'étoiles danser devant mes yeux.
Elles étaient de toutes les couleurs... Une douleur m'a déchirée la face, les lèvres, le sang a giclé sur le sol. J'ai reçu un grand coup de poing à assommer un boeuf. J'ai vacillé sur moi-même, au bord de l'évanouissement, sonnée de partout. J'ai cru mourir. L'orage s'est arrêté de tonner et il s'est allongé sur le lit en boudant. Il a pensé que j'étais allée rejoindre l'homme de l'après-midi".


Je suis ému par son histoire et révolté. J'essaie de lui transmettre, par la force de mon regard, la compassion qui est mienne.

Cette jeune femme s'en est allée. Je ne connais pas son nom. J' ignore quel a été son chemin. Je sais simplement qu'un homme de mon pays lui a fait du mal. J'ai honte pour lui.                                            
Cette passante m'a traversé de toutes parts. J'ai parcouru le temps, dépositaire de sa mémoire.

J 'en ai tiré une leçon de vie.
Je ne ferai pas de mal aux femmes. Je ne porterai pas la main sur elles.
J'ai tenu parole, mon épouse Aïcha et mes filles peuvent en témoigner.

ISTANBUL
AVRIL 2008
PAROLE D' ISMAIL

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REVERIE



Elle rêve simplement
imagine un soleil
qui tel un papillon
sous le bleuté du ciel
se pose au "vermillon"
Elle rêve simplement
de ces songes éthérés
quand une femme emporte
sur des chemins secrets
par la voie de l'aorte
un homme...

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août 23, 2017

COULEURS D' EAU







Femmes d'ici
dont les yeux boivent
les couleurs de la mer et du ciel

tantôt bleus
tantôt verts
tantôt gris  tourterelle










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août 12, 2017

PENSEE DU JOUR

"Chemins d'écoles, chemins de tous les dangers".
Magnifiques reportages sur ARTE qui nous montrent que, pour certains enfants, le chemin vers l' Éducation est loin d'être route aisée. Ces enfants qui affrontent avec courage les éléments naturels défavorables pour marcher vers un but : la connaissance.
Une volonté d'apprendre, envers et contre tout,  qui ne peut susciter qu'admiration et respect.

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