janvier 18, 2018

Et d' un souffle puissant à brûler le soleil
elle pousse son cri

⊙⊙⊙⊙⊙⊙

janvier 16, 2018

L' OISEAU ET LA FEMME EN ROBE DE COTONNADE BLEU CIEL



Une femme légèrement vêtue d'une robe de cotonnade bleu ciel s'abandonne au soleil.
Son corps, négligemment allongé sur un transat, se laisse caresser de manière audacieuse par les rayons lumineux et brûlants.
Le livre posé sur sa poitrine, ouvert à la 31ème page, laisse supposer qu'elle somnole.
Elle semble accueillir, au rythme de sa respiration, la chaleur de l'astre et offre une jolie vision de féminité et de sensualité discrète.

Soudain, la femme se sent  observée, une sensation de présence et d'intrusion dans son territoire. 
Elle soulève légèrement une paupière bordée de longs cils, se redresse et ne voit rien, excepté un jardin endormi sous un soleil de plomb. Elle s'assoupit à nouveau quand la sensation s'impose à son esprit.Plus de doute cette fois, elle l'a deviné avant de l'apercevoir.
Revêtu de noir, d'une imposante stature, il surplombe le toit de la maison voisine. Tourné dans sa direction, son regard est scrutateur.
Elle et lui s'observent maintenant du coin de l'oeil. Deux êtres en repos qui, dans leur immobilisme, deviennent attentifs l'un à l'autre comme habités d'une présence réciproque. 
Il se ressource sur la cheminée grise avant de poursuivre son long voyage. Elle s'est accordée un moment de répit avant de retourner au travail.

Une nuée d'oiseaux migrateurs traverse le ciel très rapidement. L'espace d'un instant, l'attention de

l'oiseau se détourne. Tel un maître de l'espace, il surveille ses congénères d'un regard paternaliste.
Dans le silence de cette journée d'été, ils sont seuls, l'un et l'autre, à partager ce moment unique qu'est la complicité entre une femme et un oiseau.
Elle se met à envier l'oiseau. Dès qu'il estimera le temps venu, il reprendra son vol.

Elle aimerait voler et voler des kilomètres et des milliers de kilomètres avec lui.
Cet oiseau posé sur la vieille cheminée va être le fil conducteur de sa rêverie. Son alibi pour laisser sa pensée divaguer.
Le temps d'une sieste, la femme et l'oiseau ont partagé le même cielUn ciel ouvert sur un monde libre et sans entraves.

°°°°°

janvier 12, 2018




La mer étend ses plis
dans le lit du silence
et lentement poursuit
une charnelle danse

Le paysage est nu
en son état premier
pas l'ombre d'un badaud
ni de traces de pieds

Imaginons alors
un univers imberbe
où les intrus rêvés
sont le mot et le verbe

⊙⊙⊙⊙⊙

LES MOUETTES

^^^^^^^^^^^^

Elles sont venues du large
en jaune, gris et blanc
apportées par le vent
battant leurs petites ailes

Euphoriques, joyeuses
en leurs âmes d'enfants
et glissant merveilleuses
sur le grand océan

Cris des 
mouettes farfelues
qui chopent une bolée
pour s'envoler au ciel

^^^^^^^^^^
^^^^^^^^^^

janvier 04, 2018

Tu es partout et nulle part à la fois.
Au bord de ce chemin de roses et d' hortensias, dans cet avion qui trace son chemin dans le ciel, près de cette mer bleue lézardée de soleils ou de cet océan qui crache mille hivers, chantant ses ritournelles. Lorsque je tends les bras, je rencontre le vide,  tu n' es pas dans cet espace immédiat. Là, où les yeux se caressent, où les mains se
cherchent et se trouvent. Tu es alors nulle part, ni derrière mon épaule, ni dans le champ de ma vue. Et pourtant, tu es partout, quand je regarde à
l' intérieur de moi-même et dans la prairie des souvenirs. Là, tu traverses les saisons, printemps, été, automne, hiver comme nulle part ailleurs.

⊙⊙⊙⊙⊙⊙⊙


décembre 31, 2017

"TOUT COMMENCE EN FINISTERE


La pointe du Van - 31 décembre 2017

"Tout commence en Finistère"
 même les plus jolies histoires
d' amour...


La baie des Trépassés



La mer sur les rochers
me parle souvent de toi
de tes cheveux au vent
sur la plage du Roi

Le souffle sur l'océan
vocifère à la pointe
dans le vif tournoyant
des abyssales plaintes

La mer sur les rochers
murmure des mots doux
elle te retrouve penché
sur les galets, au bout

Le souffle sur l'océan
par soubresauts, expire
étrange pincement
aux cordes d'une lyre

La mer sur les rochers
me parle encore de toi
fait naître ton reflet
l'empreinte de tes pas

^^^^^^^
^^^^^^^



décembre 29, 2017

Pour tous les mots que tu ne m' as pas dits et qui restent lovés

⊙⊙⊙⊙⊙⊙

décembre 27, 2017

L' ESPACE INTERMEDIAIRE (THE MIDDLE GROUND)


En juillet 2014, dans un chalet isolé de la montagne catalane, entouré de jeunes venus de divers pays, l' homme qui encadrait notre groupe me demanda si je me sentais français. J' avais répondu naïvement que je me percevais à la fois Breton, Français et Européen. Cela surprit l' encadrant, pourtant aucune appartenance n' excluait l' autre, seul le temps de séjour dans un espace le différenciait de l' autre, quelques années, quelques mois, quelques semaines. Cette idée que 
j' avais alors d' une appartenance multiforme était peut-être née de ma mobilité éducative et professionnelle.

Mon parcours scolaire, depuis mes premières années de lycée, pourrait témoigner de ma curiosité pour divers champs de savoir.
J' ai nourri mon esprit d' écoutes suivies d' Arte et de France Culture, pendant ces quelques années,  afin d' appréhender la complexité et la richesse des sciences humaines françaises et étrangères.
J' ai voulu appréhender ma formation différemment en participant, à un chantier de fouilles en Espagne, via une association. J' ai rencontré là-bas d' autres jeunes venus
d' Europe, de Chine, du Mexique et de Taïwan. Par ailleurs, j' ai eu la chance de bénéficier du programme Erasmus, en 3ème année de licence, ce qui a développé chez moi un goût pour les langues étrangères. Je m' étais initié à l ' apprentissage de la langue arabe et avais décidé de voyager, en bus, jusqu' à Marrakech afin de découvrir un autre continent.
Cette expérience faisait écho à celle de ma mère  qui avait voyagé, en bus, jusqu' en Turquie et y avait vécu, étant jeune, au début des années 1980.
Nous pouvions nous interroger sur les éléments de discontinuité entre notre ville habituelle et la périphérie de
l' Europe, sur les ruptures paysagères et culturelles qui marquaient un espace autre et au contraire l' amusant familier.
Cet intérêt pour le voyage m' a poussé à développer mes compétences en anglais, langue que je découvrais indispensable. Je suis alors parti, un été, à Londres, dans l 'espoir de travailler.
J' ai réussi à me nouer d' amitié avec un français qui m ' a guidé et permis d' entrer comme serveur dans des hôtels de luxe. L' exigence en langue était assez faible. J' ai alors baigné dans un monde autre, aux sensibilités différentes, notamment sur des questions géopolitiques, avec mes collègues
polonais qui étaient très nombreux.
Après ma licence, toujours désireux d' apprendre, je souhaitais, avant de pratiquer la recherche,
obtenir un statut professionnel et me suis donc dirigé vers un Master Enseignement.
Là, j' ai découvert la géographie académique qui m' a passionné et boosté mes résultats au concours
d' enseignant. Jeune enseignant, j' ai exercé pendant un an afin de terminer ma formation professionnelle. J' ai ensuite décidé, cette année, de préparer l' agrégation d' Histoire avant de me lancer dans la recherche scientifique.
Je cherchais alors un moyen de faire de la recherche tout en poursuivant ma découverte de l' étranger. Le College of Europe suscita mon intérêt en vue de la préparation d'un master d'un an.

Je crois que ma mobilité disciplinaire et géographique m' a apporté une certaine maturité et un regard critique rendu possible par la connaissance de l' existence d' autres formes intellectuelles et sociales.
Cependant, je sais aussi, que j' ai encore beaucoup à apprendre"...
                                                                                                       

                                                                                        C.


<<<<<<<<<

décembre 22, 2017









Simples pages de brouillon, feuilles passées de saison, quant au petit matin, le crayon gris courait, raccourci mais vaillant mordillé doucement. La mine grise sautait sur les pages griffées de lignes, de sillons, points d'interrogation.

Le cahier se referme sur des feuilles noircies par d'étranges orages dans le ciel d'une vie.


⊙⊙⊙⊙⊙⊙





Une silhouette se cambre
dans la douceur du jour
et la peau sur ses seins
se tend au vent d' amour

○○○○○

TOUS ISSUS DU PASSAGE

Chacun au fond de nous
renferme des paysages
où l' oeuvre de la faux
a marqué les rivages

C'est la petit fille
la douloureuse absence
dans le grand champ de fleurs
qui borde son enfance

Ce sont des vies tombées
en groupe, au champ d'horreur
toutes les croix gammées
ont les traits du malheur

Chacun au fond de nous
porte des paysages
imprégnés de soleils
et teintés de voyages

C'est la vie du petit
sur ton ventre posé
quand il naît de ta vie
comme un beau fruit doré

Ce sont des mains  qui nouent
des souvenirs pour demain
puis se posent en douceur
sur la courbe de tes seins

Chacun au fond de nous
porte tous les orages
les bruits, les rêves fous
tous issus du passage


○○○○○

décembre 20, 2017

Quand j'entre dans tes yeux
au brun mystérieux
je vois des paysages
des terres chaudes et brunies
inondées de soleils
je rejoins des rivages
des amours d'un autre âge
cymbales, flûtes de pan
près des jarres, des citrons
des huiles parfumées
de myrrhe et de safran



○○○○○○